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KOBANI: Le piège...

http://www.letemps.ch/interactive/2014/kobane-piege/

UN TONNERRE DE PLUIE ET D'OBUS s’acharne sur Kobané. Il est 17h, suffisamment sombre pour franchir en douce les barbelés et rallier, malgré le danger, la cité martyre à travers champs. Pull vert sur débardeur noir, Ghamgin, 19 ans, embrasse une dernière fois son père. « N’y retourne pas ! Si les gardes-frontières turcs ne t’abattent pas, c’est Daech qui aura ta peau. Cette ville est un piège ! », sanglote le vieillard, les souliers crottés de boue. Dans le brouillard du soir, le jeune combattant kurde a déjà disparu de l’autre-côté.

Le voilà, le « piège », à quelques encablures d’ici : un méli-mélo d’immeubles grisâtres, au pied de deux collines, carte postale sanglante de détresse, assiégée depuis un mois par les djihadistes de l’Etat islamique. « Des monstres ! », s’insurge le docteur Mohammad Arif Ali. Contacté par cellulaire – la ville kurde de Syrie est si proche de la frontière que le réseau téléphonique turc y fonctionne à la perfection -, il est l’un des quelques centaines de civils restés à Kobané. Ce jeudi après-midi, le quartier qui héberge sa clinique de fortune, au premier étage d’un immeuble anonyme, a essuyé des tirs de mortiers. « On a reçu deux morts, dont un civil, et six blessés », raconte le médecin.

Médecins à bout de nerfs

Radiologue de formation, il se retrouve à tout faire, appuyé par une équipe médicale de dix personnes : nettoyage des plaies, points de suture, perfusion, transfusion sanguine. Il y a deux jours, il a même donné son sang à une combattante de 27 ans, blessée d’un tir de sniper. « Les combattants font couler leur sang pour défendre notre terre. Je suis heureux que le mien puisse aider », dit-il. Les cas graves sont évacués dans des hôpitaux en Turquie pour être opérés d’urgence. « Parfois, ils doivent patienter jusqu’à dix heures au poste-frontière avant de passer. Malheureusement, certains blessés meurent avant d’arriver », s’attriste-t-il.

En fonction des jours, et de l’intensité des attaques, Mohammed Arif Ali reçoit entre 6 et 30 patients quotidiennement. « Parfois, on voit arriver des blessés qui ont perdu une jambe, un bras. L’autre jour, on nous a amené une femme dont la tête avait été arrachée par un obus », poursuit-il. Imprimées à jamais dans sa mémoire, ces scènes de chaos de la fin septembre, quand les soldats du califat d’al-Baghdadi ont fait irruption en centre-ville : « Ça tirait de partout à l’arme lourde. Dans les rues, c’était la panique. Les gens couraient sans se retourner. Ce jour-là, on a reçu une quarantaine de blessés, dont des gamins, et dix combattants. Des femmes hurlaient : où est mon fils ? où est ma sœur ? Seule la moitié des blessés a survécu. Médecins et infirmiers étaient à bout de nerfs. Une dizaine d’entre eux n’a pas tenu et est partie. »

« N’y retourne pas ! Si les gardes-frontières turcs ne t’abattent pas, c’est Daech qui aura ta peau. Cette ville est un piège »


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Des Kurdes de Turquie regardent la ville syrienne de Kobané depuis une colline près de la frontière
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Un avion de la coalition survolant la ville de Kobané

Depuis le 16 septembre, date du début de l’offensive des islamistes au drapeau noir, près de 600 personnes ont péri, en majorité des combattants, selon l’Observatoire syrien des Droits de l’homme. La semaine dernière, l’espoir est revenu à tâtons : l’intensification des frappes de la Coalition a freiné la progression de l’Etat islamique, chassant même ses soldats de plusieurs artères stratégiques. Mais Daech, qui encercle la ville, continue à pilonner la frontière, dernière issue de secours, et refermer le piège sur les combattants kurdes. « Quand on entend les avions, on applaudit en direction du ciel. Dès que ça s’arrête, les guerriers de Daech se remettent à tirer au canon. Et là, on se sent de nouveau vulnérable. Parfois, on doit se réfugier au sous-sol», confie-t-il. Sa voix se perd dans un énorme « boum », suivi de rafales de tirs. « Vous entendez ? Ca tire à nouveau !», lance l’imperturbable médecin.

Plus d'eau potable

En un mois, Mohammad Arif Ali a du changer plusieurs fois de clinique de campagne au gré des nouvelles lignes de front, constamment changeantes. L’hôpital principal, évacué au début de l’offensive, a été défiguré par un attentat à la voiture piégée. « Les djihadistes s’infiltrent partout, dans les rues, sur les toits, dans les maisons », dit le praticien. Par précaution, les sorties sont limitées au maximum, juste le temps de fumer une cigarette à la va-vite, de s’approvisionner en pain ou d’aller chercher l’eau au puis. « Ensuite, on la fait bouillir, car il n’y a plus d’eau potable », ajoute-t-il.

Dehors, la ville a perdu son âme : rideaux de fer baissés, salons de beauté fermés, écoles vides. À Kobané, il n’y a plus d’enfants. Seulement des combattants - environ 5 000, dont de nombreuses femmes. Et autant de civils, affirme Mohammed Arif Ali - même si ce chiffre est invérifiable. Dans les rues, l’écho des canons a chassé le chant des oiseaux. Et puis, ce spectacle sordide des cadavres « ennemis » qui jonchent les trottoirs. La semaine passée, le docteur Mohammed Arif Ali en a vu, de ses propres yeux. « Ils étaient tunisiens. C’était écrit sur leurs papiers d’identité. J’étais choqué. L’année passée, j’ai travaillé à Tunis : une ville accueillante, sympathique. Ce n’est pas la Tunisie que je connais ! », dit-il, consterné par ce printemps arabe, parti de Tunisie, si vite métamorphosé en hiver djihadiste.

« Pour garder le moral, on chante, on joue au tambourin, on fume la chicha »

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Des chars de l'armée turcs en manoeuvre

Revenu il y a 5 mois en Syrie pour aider les siens, sa vie est aujourd’hui un enfer au quotidien. « Parfois, on ne se douche pas pendant 5 jours Le soir, on dort à peine. En fait, de jour comme de nuit, on ferme l’œil quand on peut, entre deux soins d’urgence », confie-t-il. Avant d’ajouter, pragmatique : « De toute façon, dans la clinique, il n’y a pas assez de place pour tout le monde pour dormir !». Les repas, eux, sont sommaires : du pain et des conserves. « Pour garder le moral, on chante, on joue au tambourin, on fume la chicha », dit le docteur. A cause des combats, Mohammad Arif Ali n’est pas rentré chez lui depuis un mois. Son appartement, situé dans la partie ouest, sous contrôle de l’YPG (les unités de protection du peuple, la milice kurde), est néanmoins resté intact. « L’autre jour, un combattant kurde m’a appelé pour me dire qu’il était dans ma cuisine, en train de manger mon fromage. Bon appétit, je lui ai répondu ! », rigole le médecin. L’humour, une carapace de protection en ces heures difficiles.

« Les djihadistes nous détestent, nous traitent dekafir, d'infidèles. Ils ne supportent pas nos idées égalitaires, ni notre vision modérée de l’islam, ni l’importance donnée aux femmes »


AVANT/APRES. Il y a quelques jours, l'UNOSAT, une agence des Nations Unies, a mis en ligne une série d'images satellites montrant les conséquences humaines et matérielles de l'affrontement. Ici, des bâtiments détruits : on aperçoit nettement le cratère formé par l'explosion.
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6 septembre 2014
15 octobre 2014
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Fayza Abdi, elle, ne reverra jamais sa maison, dans le quartier de Sina. « Les djihadistes l’ont bombardé », raconte cette membre du Conseil municipal de Kobané, en visite éclair à Suruç, première ville turque après la frontière. Les photos qui commencent à circuler sur l’Internet montrent l’ampleur des dégâts : des bâtisses éventrées, des couloirs de ruines, des places méconnaissables. Un mini-Srebrenica aux portes de la Turquie. Car pour les Kurdes, c’est bien d’un nettoyage ethnique qu’il s’agit. « Les djihadistes nous détestent. Ils nous traitent de « kafir » (infidèles). Ils ne supportent pas ni nos idées égalitaires, ni notre vision modérée de l’islam, ni l’importance donnée aux femmes », dit-elle. Elle aussi n’en revient pas de la vitesse avec laquelle Kobané a sombré dans l’enfer.

Après le début de l’insurrection anti-Assad, en 2011, la minorité kurde (15% de la population syrienne) était pourtant parvenue à faire renaître son rêve d’indépendance. En marge de la guerre civile, le « Rojava » fut déclarée l’année suivante région auto-administrée, composée de trois cantons autonomes : Kobané, Afrine, à l’Ouest, et Djazira, à l’Est. Un rêve aujourd’hui menacé par Daech. Et que la Turquie fait tout pour briser. « Pendant trois ans, elle a fermé les yeux sur le passage de rebelle syriens islamistes. Et aujourd’hui, elle bloque la frontière aux combattants pro-kurdes. Ankara joue la carte djihadiste pour nettoyer le nord de la Syrie de la présence kurde », enrage Idris Nassan, un autre représentant politique de Kobané.

Collé à son oreille, le portable ne cesse de sonner. Egalement de passage à Suruç, son agenda est saturé : faire libérer ses confrères du conseil municipal, arrêtés par les autorités turques, appeler à l’aide ses contacts occidentaux, convaincre les Ambassades européennes de pousser Ankara à ouvrir un corridor… « A force de pression, les soldats nous ont laissé envoyer quelques camions de nourriture. Mais ce n’est pas suffisant », dit-il.


AVANT/APRES. Alors que la zone était déserte jusqu'à alors, des centaines de voitures sont désormais visibles côté syrien, au point de passage de la frontière. Les conducteurs et leurs familles ont fuit vers la Turquie voisine en abandonnant leurs véhicules.
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6 septembre 2014
15 octobre 2014
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Là-bas, de l’autre côté, Asya Abdullah en supervise la distribution, avec une équipe de bénévoles. Retranchée dans un endroit secret de Kobané, la co-président du PYD (Parti de l’Union Kurde) affirme que les combattants kurdes, appuyés par des rebelles syriens, contrôlent désormais « 70 % de la ville, y compris le carré sécuritaire, repris aux djihadistes ». « Dans chaque quartier, derrière chaque ligne de front, nous pouvons également compter sur le courage des civils, eux-aussi armés.

A Kobané, chacun met le pied à l’étrier : il y a des femmes qui font le pain chez elles, des jeunes qui en assurent la livraison», dit-elle, au bout d’une ligne téléphonique parasitée par de nouvelles violentes détonations. « Tout va bien, si, si, tout va bien », insiste-t-elle, presque vexée, quand on lui demande si elle a peur. Fidèle à la doctrine du PYD, un parti à la discipline de fer, hérité de l’idéologie marxiste des rebelles du PKK turc, elle enchaîne d’une voix martiale : « Daech est bien plus fort en armes et nombre, mais nous nous battrons jusqu’à la dernière balle ! ».


AVANT/APRES. Près de la frontière, du côté turc, un camp de réfugiés a été créé dans le but d'accueillir le flot de plus en plus nombreux d'habitants fuyant Kobané.
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6 septembre 2014
15 octobre 2014
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Pas de discours formaté pour Bavé Renas. Mais plutôt une détermination à toute épreuve. A 48 ans, cet agriculteur aux yeux turquoise a abandonné ses champs de pistaches pour endosser le treillis et protéger sa « terre » et son « honneur » contre Daech. « Jamais je n’avais touché à une arme de ma vie », dit-il, encore surpris par son geste. Ce jeudi, c’est lui qui nous accoste à quelques mètres des barbelés du poste frontière de Mursitpinar. Le temps d’une pause salutaire, il est venu embrasser sa famille, réfugiée dans un camp, avant de repartir au front. Il raconte Kobané : « La moitié de la ville est détruite. Il n’y a plus d’électricité. Les rues sentent la morgue, tant il y a de cadavres d’ennemis abandonnés ». Preuve, dit-il, du mépris des djihadistes pour la mort : « Ils s’en fichent de mourir. Je me souviens d’un combat de rue, début octobre. Avec mes hommes, on en a tué 65. Des renforts sont arrivés de leur côté. Ils ont formé un mur en empilant les 65 cadavres et ils ont continué, impassibles, à nous tirer dessus ».

Lui qui a vu, fin septembre, un compagnon d’armes, se faire décapiter sous ses yeux, connait le danger de ce combat. « Mais c’est mon devoir de résister. Ces gens-là violent les femmes, ils kidnappent les enfants, ils s’accaparent les terres. Si on cède, ils ne s’arrêteront pas à Kobané », insiste Bavé Renas, avant de repartir franchir les barbelés. En quelques secondes, l’obscurité du soir l’a déjà englouti. De l’autre côté, le piège de Kobané s’est refermé.

CRÉDITS

Un reportage de Delphine Minoui

Réalisation technique : Jean Abbiateci

Crédits photos : Kai Pfaffenbach / Reuters

Crédits photos aériennes : DigitalGlobe 2014. Analyse réalisée par UNITAR/UNOSAT

Code : Data le Temps, inspiré par Nprapps 

Publié le 20 octobre 2014

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21/10/2014 18:08 zpeconomiainsostenible Enlace permanente. sin tema

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Autor: TRADUCCIÓN AL ESPAÑOL/TRANSLATION TO THE SPANISH

Kobani: La trampa ...

http://www.letemps.ch/interactive/2014/kobane-piege/

A LLUVIA THUNDER Y sabuesos SHELL Kobané. Es 17h, lo suficientemente oscuro para cruzar el alambre de púas y una manifestación fresca, a pesar del peligro, la ciudad mártir a través de los campos. Suéter verde en un top negro, Ghamgin, 19, abraza a su padre por última vez. "No mires hacia atrás! Si los guardias fronterizos turcos no te matan, es tu piel que Daech. Esta ciudad es una trampa! "Sollozó el anciano, el barro los zapatos embarrados. En la niebla de la tarde, el joven combatiente kurdo ya ha desaparecido desde el otro lado.

Aquí está, la "trampa", a poca distancia de aquí: una mezcolanza de edificios grises, al pie de dos cerros angustia postal sangrienta, sitiada por un mes por los yihadistas del estado islámico. "Monsters! "Protestó Dr. Mohammad Arif Ali. Contactado por celular - la ciudad kurda en Siria es tan cerca de la red telefónica frontera turca funciona perfectamente - es uno de los cientos de civiles permanecieron Kobané. Jueves por la tarde, el barrio que aloja su clínica improvisada en el primer piso de un edificio anónimo quedó bajo fuego de mortero. "Recibimos dos muertos, entre ellos un civil e hirió a seis", dice el médico.

Los médicos en el borde

Radiólogo por el entrenamiento, él se encuentra haciendo todo, con el apoyo de un equipo médico de diez personas: limpieza de heridas, puntos de sutura, la perfusión, la transfusión de sangre. Hay dos días, él incluso dio su sangre a una lucha 27, herido por un francotirador. "Los combatientes están vertiendo su sangre para defender nuestra tierra. Me alegro de que la mina puede ayudar ", dijo. Los casos más graves fueron evacuados a hospitales en Turquía para una cirugía de emergencia. "A veces tienen que esperar hasta diez horas en la frontera antes de continuar. Por desgracia, algunos de los heridos mueren antes de llegar a "es aquel triste.

Versus días, y la intensidad de los ataques, Mohammed Ali Arif recibe entre 6 y 30 pacientes al día. "A veces vemos la llegada de heridos que perdió una pierna, un brazo. El otro día nos llevaron a una mujer cuya cabeza fue arrancada por un obús, "él dice. Impreso para siempre en su memoria, estas escenas de caos a finales de septiembre, cuando los soldados del califato de al-Baghdadi irrumpieron en el centro: "Se estaba disparando por todas partes con armas pesadas. En las calles, había pánico. La gente corrió sin mirar atrás. En ese día, recibimos cuarenta heridos, niños, y diez combatientes. Las mujeres estaban gritando ¿dónde está mi hijo? ¿dónde está mi hermana? Sólo la mitad de los heridos sobrevivieron. Los médicos y las enfermeras estaban en el borde. Una docena de ellos no se mantuvo y se fue. "

"No mires hacia atrás! Si los guardias fronterizos turcos no te matan, es tu piel que Daech. Esta ciudad es una trampa "


Ninguno
 
Kurdos turcos guardia de la ciudad siria de Kobané desde una colina cerca de la frontera

Ninguno
 
Un avión que volaba sobre la coalición Ciudad Kobané

Desde el 16 de septiembre, el inicio de la bandera negro islámica ofensivo, cerca de 600 personas murieron, en su mayoría combatientes, según el Observatorio Sirio para los Derechos Humanos. La semana pasada, la esperanza ha vuelto a tientas: huelgas intensificación Coalición contuvo la expansión del Estado islámico, incluso persiguiendo a sus soldados a varias arterias principales. Pero Daech, que rodea la ciudad sigue libra la frontera, última salida, y cerrar la trampa en combatientes kurdos. "Cuando escuchamos los aviones, aplaudido en el cielo. Una vez que se detenga, los guerreros de Daech recuperan para disparar el cañón. Y allí, te sientes vulnerable de nuevo. A veces hay que refugiarse en el sótano ", dice. Su voz se pierde en un gran "boom", seguido de ráfagas de disparos. "¿Escuchaste eso? Toma de nuevo! "Dice el médico imperturbable.

Más agua potable

En un mes, Mohammad Arif Ali tuvo que cambiar varias veces de campaña Clinic a opción de las nuevas líneas del frente, en constante cambio. El hospital principal, evacuado en el comienzo de la ofensiva, estaba desfigurado por un coche bomba suicida. "Los yihadistas se infiltran en todas partes, en las calles, en los techos, en las casas", dijo el médico. Como medida de precaución, las salidas se mantienen al mínimo, el tiempo justo para fumar un cigarrillo en un apuro, para abastecerse de pan o ir a buscar agua a continuación. "Luego se hierve, porque no hay agua potable", añade.

Afuera, la ciudad perdió sus cortinas de hierro alma abajo, salones de belleza cerrado, escuelas vacías. En Kobané, hay más niños. Solamente los combatientes - sobre 5000, incluidas muchas mujeres. Y como muchos civiles, dijo Mohammed Arif Ali - aunque esta cifra es imposible de verificar. En las calles, el eco de los cañones persiguió a los pájaros cantando. Y este espectáculo sórdido de cadáveres "enemigos" que ensucian las aceras. La semana pasada, el Dr. Mohammed Arif Ali ha visto con sus propios ojos. "Ellos fueron los tunecinos. Fue escrito en sus documentos de identidad. Me quedé muy sorprendida. El año pasado trabajé en Túnez: una ciudad acogedor y agradable. No se Túnez sé! "Él dijo, horrorizado por lo que el partido Primavera Árabe, Túnez, por lo que rápidamente se convirtió en yihadista invierno.

"Para mantener la moral, cantando, tocando la pandereta, shisha se fuma"

Ninguno
 
Tanques del ejército turco en maniobras

Ingresos allí cinco meses en Siria para ayudar a su pueblo, su vida se ha convertido en un infierno cotidiano. "A veces uno no se ducha durante 5 días fue la noche que casi no duerme. De hecho, el día o la noche, cerramos los ojos cuando se puede, entre dos servicios de emergencia ", dice. Antes de añadir, pragmático: "De todos modos, en la clínica, no hay suficiente espacio para todos a dormir!". Las comidas en sí son resúmenes de pan y conservas. "Para mantener la moral, cantando, tocando la pandereta, shisha se fuma", dijo el médico. Debido a los combates, Mohammad Arif Ali no ha estado en casa durante un mes. Su apartamento, situado en la parte occidental, bajo el control del YPG (unidades de protección de las personas, la milicia kurda), sin embargo, permaneció intacta. "El otro día, un combatiente kurdo me llamó para decirme que estaba en mi cocina, comiendo mi queso. Buen provecho, he dicho! "Se ríe el médico. Humor, un caparazón de protección en este difícil momento.

"Jihadistas nos odian, nos tratan dekafir, infieles. No apoyan nuestras ideas de igualdad, ni nuestra visión moderada del Islam y la importancia dada a las mujeres "

ANTES / DESPUÉS. Hay algunos días, UNOSAT, una agencia de las Naciones Unidas, ha publicado una serie de imágenes de satélite que muestran las consecuencias humanas y materiales del enfrentamiento. Aquí, los edificios destruidos: uno ve claramente el cráter formado por la explosión.
INSTRUCCIONES. Arrastre la imagen para ver la imagen antes y después

06 de septiembre 2014
15 de octubre 2014
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Fayza Abdi, ella nunca va a ver a su casa, en el barrio de Sina. "Yihadistas han bombardeado", dice el miembro del Consejo de la Ciudad Kobané en viaje relámpago Suruç primera ciudad turca después de la frontera. Las imágenes comenzaron a circular en Internet muestran la magnitud de los daños: edificios destripados, pasillos ruinas, lugares irreconocibles. Mini Srebrenica a las puertas de Turquía. Para los kurdos, es la limpieza étnica que es. "Jihadistas nos odian. Nos llaman "kafir" (infiel). No apoyan ni nuestras ideas igualitarias o nuestra visión moderada del Islam y la importancia dada a las mujeres ", dijo. Asimismo, no puede creer la rapidez con que Kobané descendió a los infiernos.

Tras el inicio de la insurrección anti-Assad en 2011, la minoría kurda (15% de la población siria) fue sin embargo logró revivir su sueño de independencia. Al margen de la guerra civil ", Rojava" fue declarada el año siguiente región autoadministrado, compuesto por tres cantones autónomos Kobané, Afrin, al oeste, y Jazeera, al este. Un sueño ahora amenazada por Daech. Y que Turquía está haciendo todo lo posible para romper. "Durante tres años, cerró los ojos al paso de rebeldes islamistas sirios. Y hoy, bloquea la frontera combatientes pro-kurdos. Ankara juega tarjeta yihadista para limpiar la presencia kurda del norte de Siria, "enfurecer Nassan Idris, otro representante político Kobané.

Pegado a la oreja, el móvil no deja de sonar. También cruzar Suruç Su agenda está llena: para liberar a su ayuntamiento compañero, detenido por las autoridades turcas, pida ayuda a sus contactos occidentales, convencer a embajadas europeas para empujar Ankara a abrir un corredor ... "A fuerza presión, los soldados dejaron nos envía algunos camiones de comida. Pero eso no es suficiente ", dijo.

ANTES / DESPUÉS. Mientras que la zona estaba desierta hasta entonces, cientos de coches son ahora parte siria visible, en el cruce de la frontera. Los pilotos y sus familias huyeron a la vecina Turquía, abandonando sus vehículos.
INSTRUCCIONES. Arrastre la imagen para ver la imagen antes y después

 

06 de septiembre 2014
15 de octubre 2014
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Hay, por otra parte, Asya Abdullah supervisa de distribución, con un equipo de voluntarios. Atrincherado en un lugar secreto de Kobané, co-presidente del PYD (Partido de Unión kurda) dice que los combatientes kurdos, apoyados por los rebeldes sirios controlan "el 70% de la ciudad, incluyendo la plaza segura, tomada yihadistas ". "En cada área, detrás de cada línea, también podemos contar con el coraje de la población civil, se armaron también.

A Kobané, cada uno pone su pie en la puerta: hay mujeres que hacen el pan en casa, los jóvenes que aseguran la entrega, "ella dijo, después de una línea telefónica ruidosa con nuevos informes de violencia . "Está bien, sin embargo, si todo está bien", insiste, casi ofendido, cuando se le preguntó si ella tiene miedo. Fiel a la doctrina del PYD, un partido a la férrea disciplina heredado de la ideología marxista de los rebeldes del PKK de Turquía, que se conecta con voz marcial, "Daech es mucho más fuerte en armas y números, pero vamos a luchar hasta el último balón! ".

ANTES / DESPUÉS. Cerca de la frontera, del lado turco, un campo de refugiados se creó para dar cabida a la avalancha de más y más personas que huyen Kobané.
INSTRUCCIONES. Arrastre la imagen para ver la imagen antes y después

 

06 de septiembre 2014
15 de octubre 2014
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No hay discursos formateados Renas babean. Pero más bien una voluntad de hierro. A los 48 años, este agricultor con ojos turquesa abandonó sus campos pistachos avalar la malla y proteger su "tierra" y "honor" contra Daech. "Yo nunca había tocado un arma en mi vida", dijo, sorprendido aún por el gesto. El jueves, fue él quien nos acosa a pocos metros del puesto fronterizo de alambre de púas Mursitpinar. Tiempo para un descanso saludable, que llegó a abrazar a su familia huyó a un campamento antes de volver al frente. Él le dice a Kobané: "La mitad de la ciudad fue destruida. Hay más electricidad. Las calles se siente la morgue, por lo que abandonaron los cadáveres de los enemigos ". La prueba, dijo, el desprecio por la muerte yihadista: "No les importa morir. Me acuerdo de una pelea callejera a principios de octubre. Con mis hombres, matamos a 65 refuerzos llegaron de su lado. Ellos formaron una muralla juntando los 65 cadáveres y continuaron impasibles a disparar contra nosotros ".

El que ha visto el final de septiembre, un compañero, fue decapitado ante sus ojos, sabe el peligro de esta lucha. "Pero es mi deber de resistir. Estas personas violan a las mujeres, secuestran niños, roban la tierra. Si cedemos, que no se detendrán ante Kobané "insiste babear Renas, luego a la izquierda a través del alambre. En cuestión de segundos, la oscuridad de la noche ya ha engullido. Por otro lado, la trampa Kobané estrecha.


CRÉDITOS

Un informe de Delphine Minoui

Realización técnica: Jean Abbiateci
Créditos: Kai Pfaffenbach / Reuters
Créditos fotos aéreas: DigitalGlobe 2014 análisis llevado a cabo por el UNITAR / UNOSAT
Código: Hora, inspirado en Nprapps
Publicado 20 de octubre 2014

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Fecha: 21/10/2014 18:15.


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